Game of France

Parce que la politique peut être est aussi violente que Game Of Thrones, il fallait une chronique à la hauteur des bassesses des prétendants à la couronne des 7 Royaumes. Pour décrypter les agissements et les avancés des prétendants au trône présidentiel, Game of France décryptera toutes les deux semaines les stratégies des prétendants et par quels moyens chaque candidat avance ses pions. Après tout, la politique est une guerre sans merci dont le but n’est ni plus ni moins que le gain des rennes du royaume. Et au royaume de France, les prétendants à la succession du Roi Hollande sont nombreux.  Et tous les coups sont permis, la chevalerie a ses codes moraux, la politique n’en a qu’un: ne pas en avoir.

Les lignes bougent.

Le Marquis Cambadélis a finalement daigné accepter l’idée d’une primaire. Grand bien lui fasse. Mais ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’altruisme mais d’une manœuvre pour tracer une chemin royal au Roi Hollande vers un deuxième mandat. N’étant candidat que si la croissance revient, notre bon roi Hollande aura tout le temps de la trouver puisque Sir Cambadélis a projeté cette primaire pour janvier prochain. Si le PS accepte l’idée d’une primaire de gauche ce n’est qu’à condition que seuls les pro-gouvernements y participent: PS, Radicaux et UDE (les écologistes fidèles au Roi). Roi de droit divin, notre bon et gros Roi se passera d’une grande consultation ouverte à EELV et aux autres partis à sa gauche. Il compte bien écarter dans le même temps les vélocités indépendantistes du chevalier Macron qui se verrait bien faire cavalier seul et affronter son seigneur. Le problème c’est qu’il est ainsi forcé à quitter le gouvernement comme un traitre, à rejoindre le PS pour pouvoir se présenter aux primaires ou à se taire et rentrer dans les rangs. Il compte aussi éloigné le Comte De Montebourg, dont les ambitions sont à peine voilées et les soutiens encore peu nombreux, en l’affrontant dans un duel sans merci lors de cette primaire. Attention, le piège pourrait aussi se retourner contre la couronne. Notre bon Roi fait cependant preuve d’une épatante finesse quand il s’agit de sa réélection, une finesse qu’il ferait bien d’appliquer à sa politique nationale ainsi qu’à son tour de taille. Le chemin vers un nouveau mandat est cependant encore loin tant la populace ne semble pas enclin à le soutenir à nouveau suivant le fameux dicton « On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personne une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois ». Pas si con les gueux.

En parlant de gueux, le sans-dents Mélenchon l’a dépassé notre roi dans les sondages, ce qui permet de valider sa stratégie de cavalier seul. Il souhaite au fond être soutenu par le Front de Gauche, les écologistes et les communistes, dont les opportunités sont minces. En les forçant au ralliement pour exister, notre sans-dent compte bien se placer au dessus des partis. Mais pourront-ils mettre leur soif de pouvoir et leurs rivalités de côté pour se ranger derrière lui ? Rien n’est moins sûr.

Du côté de l’opposition, le Duc Sarkozy ne semble toujours pas lâcher prise non plus, malgré le fait que le soutien populaire ne lui soit pas acquis non plus. Pire, le vieux Duc Juppé semble toujours intouchable et parcouru d’une force tranquille. Cette sérénité risque cependant d’être affectée par le théorème De Balladur qui dit que « si dans une élection la popularité d’un candidat de droit est très supérieure à la normale, alors celle si est divisée par deux le jour du scrutin ». Les récents sondages du royaume François montrant en effet un petit regain de force en faveur du petit ex Roi déchu. Quant aux autres petits barons des Républicains, ils jouent à celui qui fera le plus de bruit. Le célèbre concours du « Qui veut faire gagner des millions (d’électeurs) ? » est lancé, au rythme d’une surenchère de promesses libérales de coupures budgétaires.

L’extrême droite semble prendre le total contrepied, la fille du célèbre corsaire borgne Jean Marie Le Pen ne profite pas des évènements récents, pourtant à son avantage puisqu’il s’agit du domaine identitaire et sécuritaire. Mais elle sait que son silence lui sera grès, il lui permet de pas discréditer sa politique de dédiabolisation, de se concentrer sur la campagne à venir en serrant les rangs et de ne pas être accusée de briser « le front républicain ». Une stratégie qui sera elle aussi très certainement payante en 2017. Les évènements contemporains du Royaume jouent en sa faveur (terrorisme, inégalités, timide reprise économique), ainsi que ceux à l’extérieur du Royaume, comme le Brexit qui a vu notre pire ennemi, cette racaille fourbe et déloyale qu’est le Royaume-Uni, quitter la Sainte Alliance Européenne. Un prémisse de ce qui attend notre Royaume si la scélérate Le Pen s’assoit sur le trône de l’Élysée en 2017 ?

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