Final Cut. Ode au cinéma.

Saviez-vous que, à l’image des citations écrites, il est permis de citer des films? Tant que la ‘‘citation’’ ne dépasse pas un certain nombre de secondes, il n’y a pas d’atteinte aux droits d’auteur. Partant de là, un cinéaste contraint par l’absence de moyens de production recoure à une astuce un peu folle — en tout cas totalement inédite.

Le Hongrois György Palfi s’est servit de quelques 450 grands films de l’histoire du cinéma pour nous raconter sa propre histoire d’amour sur fond des plus belles musiques de film jamais écrites. A la fois histoire d’amour d’un homme et d’une femme et déclaration d’amour au cinéma classique, Final Cut est un chef d’oeuvre de mash-up. On passe du noir et blanc à la couleur, du film au dessin animé, du format 1,37 au CinemaScop. Le montage a été réalisé par les étudiants de l’école de cinéma de Budapest, et il est remarquablement réussit. Comme si les choses n’était pas assez compliquées, György Palfi s’est fixé un autre défit : jamais plus de deux ou trois scène d’un même réalisateur.

Un homme se lève, se rase, sort dans la rue, rencontre par hasard un femme : c’est le fameux coup de foudre, si particulier et si universel. Car ce que nous raconte Final Cut est bien l’universalité de l’amour : la manière de filmer varie selon les modes et les époques, mais le regard un peu imbécile de l’homme amoureux, les yeux embués de la femme, le ‘‘méchant’’ qui chercher à séparer le couple, tout cela reste. L’homme et la femme reste les mêmes : Marcello Mastroianni, Clarke Gabe, Charlie Chaplin, Alain Delon, Tony Leung, Humphrey Bogart … tous se fonde en un même homme qui cherche à conquérir Marilyn Monroe, Rita Hayworth, Jeanne Moreau, Greta Garbo, …

Et la magie de Final Cut opère. Le spectateur se lasse rapidement de repérer les extraits et se laisse porter par ce film étrange, qui déconstruit le cinéma mais parvient à nous raconter une histoire cohérente. On rit, on pleure, et l’on s’étonne que le temps soit passé si vite.

Si, comme à la rédaction de NMF, vous êtes amoureux du cinéma, Final Cut est un must see. Malheureusement, existant dans un no man’s land juridique, le film de György Palfi ne sortira jamais au cinéma au tant que tel, pas plus qu’en DVD : ce film est projeté uniquement dans le cadre de festivals. Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas.

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