30 ans des FRAC

« En adoptant le titre de cette manifestation anniversaire, Les Pléiades, l’exposition se situe comme un prolongement et une cristallisation d’une expérience inédite car il s’agit du premier projet en France à associer tous les Frac. »

Les Abattoirs , musée d’art  moderne et contemporain de Toulouse 

Liés à la politique de décentralisation, les FRAC (font régionaux d’art contemporain) fêtent actuellement leur trentième anniversaire. Pour la première fois depuis leur création, les 23 FRAC se sont associés afin de proposer l’exposition Les Pléiades  au musée de Abattoirs de Toulouse.

affiche

Bien sur, nous étions présent lors du  vernissage en septembre, mais comme à tous vernissage, impossible de se focaliser sur la création artistique qui est entièrement brouillée par la masse impressionnant de spectateurs !

Nous y sommes donc retournés, une, deux, trois fois . . . car Les Pléiades est une exposition gigantesque  qui demande une concentration énorme, on en ressort épuisé, liquidé, submergé par l’Art. Elle s’étend sur les 4 niveaux des Abattoirs et réunis 23 ambiances différentes. Chaque FRAC à choisit un ou plusieurs artistes, et lui ont donné carte blanche pour le choix des oeuvres et leur scénographie. Par cette mise en abime de l’exposition  on replace l’artiste au coeur de son activité. On questionne alors le statut du commissaire qui avait pris de plus en plus d’importance ces dernières années, on inverse les rôles, on retourne la situation. On assiste finalement à une exposition d’exposition.

Les premiers FRAC représentés sont ceux du Nord-Pas de Calais, de Picardie et de Lorraine qui ont été respectivement traité par Otto Berchem,Jean-Michel Alberola  et Dora García.Par leur scénographie ils renvoient au spectateur la notion de mémoire, d’histoire, d’inventaire mais aussi de de vision et d’espace.Marc Camille Chaimowicz met en scène la collection du Frac des Pays de la Loire par un jeux de cimaises flottantes. Celle ci engendre un parcours tout le long de la grande salle centrale pour amener au projet de Xavier Veilhan seul oeuvre représentée pour le Frac Île-de-France.

De part et d’autre de cette grande linéaire, les salles du rez de chaussée sont consacrées aux FRAC Franche-Comté(Francis Baudevin), Haute-Normandie (Claire Fontaine), Auvergne(Marc Bauer), Limousin(Anita Molinero et Paul Bernard), Poitou-Charentes (Heidi Wood), Corse (Hugues Reip), Alsace(Raphaël Zarka ). Ces salles sont traitées comme des « period-rooms » mais qui ne se basent non pas sur une valeur historique mais sur la vision d’un artiste pour une collection. On à particulièrement été sensible à l’oeuvres de Hugues Reip qui à choisit de représenter les réserves de la FRAC Corse par un jeux d’ombres matérialisées réveillées par le néon de Maurizio Nannuci, métaphore subtil de la caverne de Platon.

Le premier étage est beaucoup plus architectural notamment par la création de Jordi Colomer pour la Basse Normandie. Il y mêle structure des maisons UK-100, habitat d’urgence devenu immuable et oeuvre d’art. Dans la salle suivante la spatialité architecturale y est aussi questionnée par Bernard Tschumi pour le Frac Centre autour de la notion de « chronomanifeste ». On retrouve aussi à cet étage  le FRAC Réunion (Wilhiam Zitte) et le FRAC Bourgogne (Alejandro Cesarco)

Au sous sols les FRAC de Languedoc-Roussillon, Bretagne et Provence-Alpes-Côte d’Azur se rencontre dans une même salle grâce au travail de Dejode & Lacombe, Marcel Dinahet et Eric Hattan. le thème du voyages y est aborder autour de la figure emblématique d’Ulysse. La proposition sort de la salle par le travail de Alain Declercq pour le Frac Nord-Pas de Calais.L’Institut d’art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes et le Frac Midi-Pyrénées ont eux aussi joint leurs forces. Gavillet & Rust représente le Frac de Champagne-Ardenne par un ensemble d’affiche qui via un jeu de superposition font une synthèse des œuvres acquises depuis la création. Le labyrinthe d »Olivier Vadrot  qui mette en scène ( de façon casi théâtrale par l’utilisation d’un rideau) les oeuvres du FRAC Aquitaine vient clore l’exposition.

Par un parcours plein de rebondissement et de surprise, le spectateur est transporté d’un univers à l’autre comme dans un rêve. Tout les médias sont invités, ils s’entremêlent pour mieux se répondre. Et même si certaine scénographie nous laisse plus dubitative que d’autre, on en ressort avec un sentiment de satisfaction profond en se disant que l’art contemporain à encore de beaux  jours devant lui . . .

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