On a été au cinéma commercial

Précisons-le de suite : parce qu’on était invitée. Autrement, le prix prohibitif des CGR et autre Pathé est, au même titre que notre bon goût naturel en matière de cinéma, une raison suffisante pour s’abstenir de se vautrer dans la  »culture » de masse. Mais, une invitation ne se refusant pas, on a vu deux films : Now you see me et The lone ranger. Très différents, mais tout deux catégorie grand public.

Le premier met en scène — littéralement — quatre magiciens Robin des Bois qui dévalisent des banques pour rendre l’argent à leurs spectateurs frappés par la crise. Encore que lesdits spectateurs n’ont pas du être trop touchés par la dégringolade des bourses puisqu’ils peuvent s’offrir le billet du spectacle. Enfin, passons sur cet axiome un peu bancal et laissons-nous porter par le film. Saluons tout d’abord le scénario, qui a su trouver un équilibre entre une intrigue facile à suivre  par tous et la nécessité de maintenir le spectateur en haleine. Notons aussi la prestation des acteurs : Jesse Eisenberg joue à merveille de sa tête-à-claque de premier de classe voulant tout régenter et Morgan Freeman endosse à la perfection le rôle du magicien raté et plein d’amertume.

Malheureusement, malgré ces bonnes qualités, Now you see me reste un pur produit hollywoodien dont la fonction première est de faire du chiffre au box-office. D’où les inévitables courses poursuites, le recours abusifs aux effets spéciaux en tout genre, les personnages (presque) caricaturaux du flic expérimenté mais troublé et de la fliquette jolie mais débutante (devinez un peu comment cela se passe entre eux?!). La réalisation de Louis Leterrier est efficace, et c’est là tout ce qu’on peut en dire. Bref, on a là un film divertissant mais qui manque de subtilité.

Changement de siècle avec The lone ranger. Fin XIX°, au Texas, un jeune avocat se lance aux trousses des meurtriers de son frère avec pour toute arme la Constitution américaine et sa candeur. Autant dire qu’il est assez mal barré. Heureusement l’accompagne un indien un peu fou mais très perspicace qui va l’aider dans sa quête de justice. Nous voilà donc lancé dans l’ouest sauvage et sa galerie de personnages typiques : l’entrepreneur qui sous couvert de favoriser le progrès ne pense qu’à se remplir les poches, la brute sanguinaire, la femme aimée par le héros, la prostituée (Helena Bonham-Carter, toujours un plaisir de la voir). Bref, tous les ingrédients d’un bon western avec, en prime, une petite touche d’extravagance et d’humour.

Le problème est que le jeu d’acteur et la mise en scène laissent une curieuse impression de déjà-vu. Johnny Depp joue le fou tragico-comique et reprend pour son personnages de Tonto les mêmes mimiques qu’il avait brillamment mises au point pour Jack Sparrow. Fatigué d’innover? Dans ce cas Monsieur Depp, prenez votre retraite : sans trop m’avancer, j’ai l’impression que vous en avez les moyens. De même, la réalisation de Gore Verbinsky ne se renouvelle pas vraiment. Le film est généralement prenant, mais la dernière demi-heure tire en longueur des scènes de cascades et de fusillades qui semblent ne jamais devoir finir.

Je ne peux m’empêcher d’être un peu déçue. The lone ranger est un gentil film de divertissement : si vous avez l’occasion d’y emmener petite soeur ou petit frère, neveu ou nièce, n’hésitez pas. Mais j’avoue que j’espérait mieux de l’interprète de d’Edward aux mains d’argent et de Rhum express.

Finalement, pour tuer vos deux heures, préférez la rétrospective Jacques Tati : frai, drôle, poignant, … et également parfait pour votre petit neveu!

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